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John Hunt Morgan , héros du Sud

 
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PostPosted: Tue 2 Feb - 16:00 (2010)    Post subject: John Hunt Morgan , héros du Sud Reply with quote

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la vie du raider confédéré, par Philippe Saintes
http://ccffpa.perso.sfr.fr/html/johnhurtmorgan.html
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PostPosted: Sun 2 Jun - 10:44 (2013)    Post subject: John Hunt Morgan , héros du Sud Reply with quote

JOHN HUNT MORGAN
 
Par Philippe Saintes  
 
 
 
L'histoire du Général Confédéré John Hunt Morgan est un morceau de musique dont le début, très calme, conduit, par des passages rapides et scandés, au thème principal. Passant brièvement sur une succession d'événements préliminaires, il arrive à la grande aventure. Ce cavalier originaire du Kentucky a réalisé des faits de guerre exceptionnels et connu plusieurs dizaines de combats épiques ou tragiques. L'un après l'autre, nous passerons en revue les différents chapitres de son histoire, plus incroyable que n'importe quelle fiction
 


 
LE CAVALIER DU KENTUCKY  

Sa vie commence, le 1er juin 1825 dans une grande et belle maison à Huntsville, Alabama. Il déménage avec ses parents et ses 7 frères et sours au Kentucky où il reçoit une éducation digne des gentilshommes du Sud. John se révèle un casse- cou dès l'enfance, il ne lui faut pas longtemps pour monter à califourchon sur un cheval. En 1846 il débute sa carrière militaire comme Lieutenant avec le 1er Régiment de cavalerie du Kentucky lors de la Guerre du Mexique ou il observe et assimile déjà quelques méthodes de combats. Un an plus tard, il entre dans le monde des affaires et lie sa destinée à Rébecca Gratz Bruce. Malheureusement la jeune épouse décède tragiquement d'un mal incurable en 1861, à l'âge de 32 ans.

Deux ans plus tôt, John Morgan et son frère Tomas, avaient rejoint les "Fusiliers de Lexington" une sorte de milice mise sur pied par le général Buckner pour éliminer les filières d'évasion des esclaves vers le Nord.
Le 17 avril 1861, John Hunt Morgan assiste à un important meeting organisé à Lexington par le doyen de l'unionisme, John J.Crittenden. Ce dernier, initialement opposé à la guerre, invite la foule à rester neutre. En fait, à la fin de l'année, 35.000 rebelles sous le commandement de Léonidas Polk occupaient le sud ouest de l'état, face à plus de 50.000 fédéraux dirigés par Ulysse Grant qui contrôlait les trois quarts du Kentucky. La présence d'un campement fédéral situé à 30 km à peine de Lexington, suscita le courroux des sympathisants Confédérés. A juste titre d'ailleurs car ce camp avait été créé sur l'initiative de l'ancien membre du congrès (Whig) Garret Davis et du brigadier général William Nelson, avec l'assentiment non dissimulé du président Lincoln. Le gouverneur Magoffin, tout en réaffirmant sa volonté de neutralité, désapprouve ce qu'il considère comme une intrusion fédérale. Le brave homme finira par démissionner pour se rallier à la Confédération.
Le 21 septembre, Morgan et son beau-frère Basil Duke organisent leur première entreprise d'envergure en quittant Lexington avec 17 compagnons et 2 chariots, contenant des fusils, pour rejoindre le général Buckner à Bowling Green.  


De nombreux sympathisants se joindront à la bande durant le voyage, passant ainsi de la charrue au fusil. Morgan parvient à mettre rapidement sur pied une compagnie de 87 cavaliers, remarquablement entraînés et équipés. Lors d'une élection organisée sur le tas, il est logiquement promu capitaine et ses principaux bras droits, Basil Duke, James West et Sellers Van Buren sont gratifiés d'une commission de lieutenant.
Les fusiliers de Lexington laissent ainsi la place au 2 ème Régiment de cavalerie du Kentucky. Le noble et vaillant leader des partisans, s'illustre déjà en incendiant le pont de chemin de fer de Bacon's Creek, près de Bonnieville avant de rejoindre le général Johnston à Bowling Green. Ce n'était là qu'une opération sans grande envergure mais elle marquait surtout le début de l'ère Morgan et de ses cavaliers qui allaient bientôt exécuter d'hasardeuses opérations de retardement loin derrière les lignes nordistes.
 

LA CHEVAUCHEE FANTASTIQUE  

Connaissant parfaitement le terrain et grâce au soutien des ardents supporters de la Confédération, les partisans se déplacent comme des poissons dans l'eau au Kentucky et au Tennessee. La renommée de leur chef s'étendit encore d'avantage après une expédition en août 1861. Avec le feu vert de Bragg, le nouveau commandant en chef de l'armée du Tennessee, Morgan pu mener à bien sa mission préférée : bloquer la voie ferrée Louisville-Nashville et attirer l'ennemi dans de fausses directions. Son régiment va, non seulement s'emparer des garnisons de Gallatin et de Tunnel Hill, détruire un train comprenant 29 voitures mais surtout enflammer, à l'aide de fourgons incendiés, un tunnel long de plus de 200 mètres. Privé des renforts que devaient acheminer le cheval de fer et coupé de sa principale base de ravitaillement, le Général Carlos Buell envoie une force d'interception dans une vaine poursuite. Les nordistes vont même être taillés en pièce le 23 août 1861 près d'Hartsville par les soldats de Morgan et de Nathan Bedford Forrest.

Les sudistes subissent de nombreux revers au mois de janvier 1862. Malgré cela, le général Félix K. Zollicofer entraîne une armée de 4 000 confédérés à l'assaut de celle de George H. Thomas, égale en nombre, à Logan's Cross, près de Mill Springs. Une balle ennemie tue Zollicofer et les rebelles, mal en point, se retirent au Tennessee. Morgan reçoit l'ordre de rejoindre Bedford Forrest pour restaurer l'ordre dans cet état en plein chaos et faire respecter la loi martiale. Homme d'action, le capitaine Morgan doit se contenter d'effectuer de monotones patrouilles. Durant un voyage à Murfreesboro il rencontre sa deuxième épouse. Il s'agit de la fille du colonel Charles Ready, Martha, âgée de 21 ans.
Morgan et ses francs-tireurs vont se spécialiser dans la destruction des axes de ravitaillement, des ponts et des voies ferrées afin de ralentir la progression des fédéraux. Les qualités de Morgan, énergie liée à une grande intelligence et à un grand patriotisme, séduisent le général Sidney Johnston qui lui décerne, le 4 avril un brevet de colonel. Il lui demande également de prendre part à la bataille qui doit débuter 48 heures plus tard près d'une petite église en rondins dans le village de Shiloh ! Le général Johnston compte en effet bouter les Yankees hors du Tennessee avec l'aide du général Léonidas Polk, descendu de Columbus, de Pierre Beauregard et sa Division de Louisiane ainsi que de Braxton Bragg qui vient d'arriver de Pensacola avec 10.000 hommes de troupe. L'unité de Morgan est quant à elle, incorporée au sein de la 1ère Brigade du Kentucky que commande le colonel Robert P. Trabue.

Durant cet affrontement sanglant au corps à corps, les partisans rangers se battent tout au long de la journée avec courage "Nous n'étions pas habitués à ce genre de combat à terrain découvert, cela n'avait rien à voir avec les escarmouches de la Green River ! " déclarera Basil Duke après la guerre. L'effet de surprise de Johnston est un succès mais les pertes sont effroyables de part et d'autre. Touché à la jambe par une balle qui sectionne une artère, Johnston meurt, à 14h30, vidé de son sang, alors que la bataille se poursuit. A la tombée de la nuit, les Confédérés pensent tenir la victoire mais l'arrivée de 30.000 soldats frais fait pencher la balance dans le camp nordiste le lendemain matin. Beauregard, qui avait repris le commandement, doit logiquement sonner la retraite. Vingt mille soldats des deux camps ont été tués ou blessés sur la plaine de Shiloh. Cette bataille a profondément dégoûté John Hunt Morgan des méthodes de combats de l'armée régulière et il est bien déterminé à mener sa propre guerre !

Lors du repli, les tuniques grises du colonel Morgan font une escale à Lebanon, Tennessee, pour panser leurs blessures. Dans la nuit du 4 au 5 mai, une force fédérale de 600 hommes prépare une embuscade en encerclant tout le périmètre. A l'aube, l'assaut est donné, les colts et les fusils font feu de toutes parts, les balles sifflent et les rebelles tentent d'enfourcher leurs montures. La confusion est totale. Dans la fusillade, le groupe s'éparpille au hasard des rues. Morgan et une centaine de ses cavaliers parviennent miraculeusement à échapper à ce guet-apens et à traverser la rivière Cumberland. 108 hommes - 65 capturés, 17 tués et 26 blessés restent en arrière Le bilan nordiste n'est cependant pas plus réjouissant : 75 tués et 64 blessés.

En représailles, les partisans attaquent la gare de Cave City, Kentucky, le 12 mai. Un train avec son chargement de soldats bleus dirigés par le major Coffey, est capturé. Les partisans délestent aussi le convoi du contenu de son wagon-coffre, soit 8.000 dollars.
Quelques jours plus tard, Morgan atteint Chattanooga, où le général Bragg rassemble une nouvelle armée.
 


LA HORDE SAUVAGE  

L'optimisme reprend rapidement vigueur dans les forces sudistes. Nombreux sont les hommes qui rejoignent les rangs de Morgan. Celui-ci peut maintenant compter sur deux régiments complets. Parmi les nouvelles têtes brûlées on trouve John B. Costleman arrivé du Kentucky avec 41 compagnons; Robert A. Alston, futur adjudant de Morgan ; Thomas H. Hines, éclaireur de la division; George Ellsworth, un champion du télégraphe descendu du Canada dans le seul but de se mettre au service de Morgan et Leger Grenfell, un anglais recommandé par Robert E. Lee en personne. "Comme l'Angleterre n'était pas en guerre, j'étais bien obligé d'aller voir ailleurs pour la faire " , déclara-t-il de manière laconique à un journaliste. On signalera encore la présence d'un groupe de texans dirigé par le Capitaine R.M. Gano, sans oublier le lieutenant Bennet H. Young, qui conduira la célèbre attaque sur la ville de St. Albans au Vermont le 19 octobre 1864

Le 4 juillet, John Hunt Morgan se lance depuis Knoxville dans un raid fantastique à travers le Kentucky et le centre du Tennessee à la tête de 900 soldats. Au cour de cette remarquable et audacieuse opération, la joyeuse bande remporte plusieurs escarmouches, capture 17 villes, tuant et blessant au passage 1 500 tuniques bleues, en déplorant seulement 90 blessés ou tués dans ses propres rangs. Les sudistes arrachent des kilomètres de rails appartenant à la ligne Louisville-Nashville, qui alimente l'armée gouvernementale; détruisent des dizaines de wagons de marchandises et de dépôts de vivres avant de regagner enfin, leurs lignes, au bout de 24 jours et près de 1.600 kilomètres !

Cet exploit pousse le bouillant Général Bragg à lancer une nouvelle offensive pour s'approprier le Kentucky, mais il a la mauvaise idée de disperser son armée dans six comtés. Son adversaire, le général Buell, au contraire, rassemble ses forces pour une attaque décisive le 6 octobre à Perryville. Une fois encore, les rebelles doivent se replier derrière la ligne du Tennessee.

Unissant la rapidité à l'audace et la ruse au sang froid, Morgan et ses 1 800 partisans vont à nouveau parcourir, à bride abattue, l'état du Kentucky tout au long du mois d'octobre, causant ainsi de gros dégâts aux lignes de chemins de fer et aux axes de ravitaillements. Ils n'étaient jamais là où les nordistes les attendaient et dans chaque ville qu'ils traversaient, les cavaliers étaient acclamés comme des héros par les autochtones : les femmes offrant leurs plus beaux sourires au sémillant Morgan. Face aux mouvements rapides et inattendus de celui-ci, les Fédéraux sont impuissants et une bonne partie de la région se trouve paralysée. La Division traverse la frontière le 1er novembre et établit son campement à Murfreesboro. C'est là que Morgan apprend que Bragg n'avait pas su profiter de l'ouverture qu'il avait créé et qu'au contraire, le chef de l' armée avait une fois de plus battu en retraite devant Buell a l'issue de la sanglante bataille de Perryville !
C'était la dernière offensive sudiste dans le Mississippi. Cette défaite était un coup dur pour la Confédération en général, et pour Morgan en particulier !

Déçu mais pas résigné Bragg décide de réunir les trois meilleurs cavaliers du Trans-Mississippi, le jeune "Fighting Joe" Wheeler, Bedford Forrest et John Hunt Morgan, sous un même commandement. Le dernier cité garde cependant une certaine indépendance. Le 7 décembre à l'aube, il effectue un raid à Hartsville. Malgré le froid et l'âpre résistance des nordistes, il fait 2 000 prisonniers et met la main sur plusieurs chariots bourrés de vêtements, d'armes et de victuailles ainsi que sur deux pièces d'artillerie. L'audacieux Colonel est porté en triomphe à Murfreesboro lors de son retour. Ce nouveau coup d'éclat lui vaut bien des éloges.
Le général Bragg, qui n'est pourtant pas un de ses plus fervents admirateurs, envoie ce message à la troupe : "L'intelligence, le zèle et la vaillance démontrés par le Colonel Morgan doivent servir d'exemple et de stimulant pour les tâches futures. A tous les officiers et soldats qui ont participé à cette expédition, le Général vous remercie cordialement et vous envoie ses sincères félicitations !"

Le 11 décembre, le président confédéré Jefferson Davis élève John Hunt Morgan au rang de brigadier-général et Basil Duke à celui de colonel. Deux jours plus tard, John épouse en seconde noce, la charmante Martha Ready dans un décor et une ambiance de Noël ! Cinq grosses "huiles" de l'armée du Sud assistent à la cérémonie : Bragg, Hardee, Cheetham, Breckinridge et Polk. Selon certaines sources, le président Davis participe également à la fête. Sa présence à Murfreesboro le même week-end, ne fait aucun doute.

Pas de lune de miel pour Morgan. Les rapports des espions font état d'une probable offensive de Rosecrans, le successeur de Buell, contre l'armée du Tennessee considérablement affaiblie. Avec l'assentiment de Bragg, le Colonel rassemble étendards, chevaux et 4.000 hommes pour ce qui va devenir le "raid de Noël". Fidèle à sa tactique, l'armée de partisans du Kentucky part se battre loin derrière les lignes de l'Union. Les objectifs ne varient guère : voies ferrées, véhicules, ponts, positions fortifiées...toujours soutenue par une population bien disposée. Jamais plus Morgan ne disposera d'une force aussi imposante mais à l'époque le grand John est au sommet de sa gloire et on ne peut rien lui refuser.
Parti le 22 décembre d'Alexandrie, il rentre à Smitriville le 5 janvier avec seulement 2 tués et 24 blessés. Laissant derrière lui les voies de communication ennemies réduites en charpies.

Pendant que Morgan et ses cavaliers explosaient au Kentucky, l'armée sudiste, elle, implosait lors de la bataille de Stone River. Les confédérés furent même obligés de se retirer de Mufreesboro. La fissure était profonde entre Bragg et ses généraux. Ceux-ci réclamaient en vain son remplacement auprès de Davis. Malgré les dommages importants occasionnés à l'ennemi, Morgan regrettait de ne pas avoir pu lancer son raid beaucoup plus tôt.
Il prend ses quartiers d'hiver à Neminville puis à Tullahoma et en profite pour passer plus de temps avec Mattie. Certains historiens ont écrit que Stone River avait été une victoire tactique pour Bragg mais un succès stratégique pour Rosecrans. Il s'agissait surtout du troisième revers consécutif de l'armée du Tennessee.

Les "Raiders" de Morgan ont à présent le moral "dans les talons". Les chevaux viennent à manquer, les réserves de nourritures s'épuisent et l'absence d'activité entraîne un relâchement coupable. Dans la nuit du 18 au 19 avril 1863 à McMinville, Tennessee, les sentinelles sont carrément surprises par des unionistes qui opéraient en territoire adverse. Lors de l'attaque, les partisans affolés s'enfuient dans tous les sens. John Hunt Morgan ne doit son salut qu'à la vitesse de sa fidèle jument "Black Bess" !  



LE RAID INFERNAL  

Même la médaille décernée par le Congrès, ne peut tempérer sa frustration. Dans son Q.G. d'Alexandria, Morgan trépigne d'impatience, il veut frapper un grand coup pour restaurer le moral des Confédérés et raviver la flamme auprès de ses hommes. Ayant appris le succès du raid du Colonel nordiste Grierson et de son détachement à travers le Mississippi et la Louisiane avant de regagner Baton Rouge au bout de seize jours et près de mille kilomètres de maraude, Morgan demande l'autorisation de mener une action similaire dans les états situés au nord de l'Ohio. Bragg est d'accord pour un nouveau raid au Kentucky mais pas plus loin ! Après les nombreux revers subis par le sud, son subordonné est convaincu qu'une telle entreprise peut avoir des conséquences stratégiques importantes. Morgan passe donc outre les ordres de Bragg. De toutes façons, il a déjà envoyé son meilleur éclaireur, Tom Hines, préparer le terrain en Indiana. La Division, qui compte 3.000 hommes très bien équipés, traverse la rivière Cumberland le 2 juillet. Les attaques de dépôts et la destruction de lignes de chemins de fer, les occupent un moment mais lors d'un engagement à Lebanon, Tom Morgan, le benjamin de la famille reçoit une balle en pleine poitrine. Terrassé par cette blessure, il tombe de cheval et décède quelques minutes plus tard dans les bras de son autre frère, Calvin.  


Malgré ce coup dur, John décide de poursuivre vers son objectif : la rivière Ohio. Lorsqu'il arrive le 8 à Brandenburg, sur la rive sud, le détachement de Hines l'attend avec deux bateaux à vapeur capturés : le J.T. McCombs et le Alice Dean.
Les rebelles accostent à Maukport, en Indiana, le lendemain. Cet état, qui avait jusqu'ici été épargné par la guerre, va connaître un véritable enfer. Les Partisans Rangers ne risquent pas de traiter avec ménagement les hommes de la Milice ou les soldats qu'ils parviennent à prendre. Excités par la colère et surtout par la tension que génère le qui-vive permanent, les hommes de Morgan se mettent à piller les civils avec sauvagerie et à brûler ce qu'ils ne prennent pas. Lorsqu'ils arrivent à Versailles, le 1er juillet, les sudistes sont d'une humeur exécrable. Non content de mettre la ville à sac, ils dérobent le coffre fort de la banque. Laissant derrière elle une cité en ruine, la horde poursuit sa route en direction d'Harrison qu'elle atteint le lundi suivant et traverse l'Ohio alors que la menace pèse de plus en plus sur ses arrières.
Dans cette région, les tuniques grises sèment également la terreur et récoltent dans leurs fontes plus de butin que nulle part ailleurs. Prévoyant une attaque imminente de l'ennemi, Morgan songe à mettre un terme à son raid et à filer en direction de la Virginie par bateau. Ce plan est contrecarré par un détachement nordiste à Portland. Pire, les forces conjointes de Hobson et du Général Judah tentent de prendre les rebelles en tenailles. L'esprit rapide et perspicace de Basil Duke va éviter au gros de la troupe d'être pris à revers sur la route de Pomeroy. Il fait mettre pied à terre à quelques hommes pour affronter un adversaire largement supérieur en nombre. 120 combattants sont tués et 700 autres, dont Duke, fait prisonnier. Ce sacrifice donne le répit nécessaire à Morgan qui dans l'instant avait ordonné à ses cavaliers d'éperonner leurs montures.  

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PostPosted: Sun 2 Jun - 10:45 (2013)    Post subject: John Hunt Morgan , héros du Sud Reply with quote

Se sentant à nouveau talonnés, les fuyards chevauchent jour et nuit, vivant de baies et de racines et tentent de traverser l'Ohio à Reidsville. Seulement 300 d'entre-eux vont réussir à regagner les lignes sudistes. Une canonnière interdit au restant de la troupe de franchir le guet à cet endroit. Morgan, qui fait pourtant partie du premier groupe, rebrousse chemin car il tient à respecter le serment des cavaliers du Kentucky "la fidélité à toute épreuve". Pas question d'abandonner ceux qui ont affronté les mêmes dangers et partagé les mêmes difficultés.
La poursuite dure encore une semaine et donne lieu à de nombreuses escarmouches. Le 26 juillet à huit heures du matin, les 900 rescapés sont encerclés à Salineiville par le 9ème régiment de cavalerie de Michigan. Malgré l'épuisement général, les rebelles lancent une charge héroïque pour briser le cercle. Durant le combat, 30 sont tués, 50 blessés et 200 capturés.

Six heures plus tard, John Hunt Morgan conscient d'avoir abattu sa dernière carte, décide de déposer les armes et de se rendre avec ses hommes près de West Point, dans le comté de Columbiana. Le plus grand raid de la Guerre de Sécession (1.500 km) venait de prendre fin.

 

LA GRANDE EVASION  



Les prisonniers sont traités sans ménagement car les autorités nordistes ne reconnaissent pas les partisans rangers comme des combattants réguliers. Les cheveux et la barbe des "irréguliers" sont rasés, on attache même des boulets à leurs pieds comme de vulgaires bagnards. Les officiers sont internés à la prison de Cincinnati avant d'être transférés au pénitencier de Columbus le 30 juillet, où les attend Basil Duke. La discipline de l'endroit est très stricte. Morgan écrit, sans réel espoir, plusieurs lettres de protestation au sujet des conditions de détention. Sa mère, qui a effectué le voyage depuis le Kentucky, est même refoulée à l'entrée de la prison. Le comportement de ses geôliers renforce la détermination du général à quitter les lieux au plus vite, mais comment ? "Il suffit de creuser un tunnel" , répond Tom Hines qui avait remarqué le sol sablonneux des cellules dans lesquelles les prisonniers sont entassés. Le jeune capitaine a passé trois mois à mettre au point un plan d'évasion et est le plus déterminé des hommes de Morgan. Son plan consiste à creuser un tunnel jusque dans la cour de l'établissement puis à escalader le mur d'enceinte à l'aide d'une corde suspendue à un grappin confectionné avec un tisonnier en fer.

Il est établit que sept hommes tenteront leur chance : Les Capitaines Ralph Sheldon, Sam B. Taylor, Jacobs C. Bennet, James D. Hockersmith, Gustavus S. McGee, Tom H. Hines et bien entendu le Brigadier-général John Hunt Morgan. Les deux derniers ayant convenu de prendre le train de nuit qui relie Columbus à Cincinnati .

Pendant huit semaines, les prisonniers vont creuser un immense souterrain à l'aide de cuillères prises à la cantine. Le 20 novembre, le tunnel est terminé et la tentative d'évasion est fixée au 27 à minuit. La chance est avec les sept hommes, à l'heure convenue pour le départ, une forte pluie s'abat sur la région et les gardiens décident de trouver un abri à l'intérieur après avoir pris soin de boucler les chiens dans leur niche. Le plan se déroule donc sans accroc. Alors que leurs compagnons se dispersent dans la nature, Morgan et Hines prennent en marche le train à la gare de Colombus en direction de la liberté. Le lendemain, au moment ou le mécanicien-chef ralentit sa locomotive à l'approche des faubourgs de Cincinnati, les deux compagnons quittent le cheval de fer et se dirigent vers la rivière Ohio. Ils la traversent à la nage et atteignent le Kentucky, où ils comptent de nombreux amis prêts à les aider. Les fugitifs vont ainsi franchir tous les barrages et gagner le Tennessee épuisés mais sain et sauf !
La nouvelle de l'évasion de John Hunt Morgan s'est répandue comme une traînée de poudre dans l'Ohio. Le Gouverneur Todd offre immédiatement une récompense de 5.000 dollars à celui qui capture le chef des guérillas du Kentucky. Mais celui-ci est déjà loin. Le 25 décembre, le jour de Noël, il rejoint son épouse Mattie à Columbia dans le sud de la Virginie, où elle avait trouvé refuge après la retraite de Bragg à Chattanooga en juillet.

 


LA DERNIERE CHARGE  

Au mois de janvier 1865, John Hunt Morgan effectue un retour triomphal à Richmond. Une grande réception est organisée pour fêter le retour du fils prodigue ! Pourtant, malgré sa popularité parmi les soldats, il faut bien reconnaître que son sens personnel de la discipline, son incorrigible propension à discuter et son habitude de n'en faire qu'à sa tête, et de préférence à rebours des règles des manuels militaires, ne le font pas pour autant apprécier par tous ses supérieurs. L'aura personnelle de Morgan fait notamment de l'ombre au général Braxton Bragg, qui a accumulé échec sur échec. Bragg ne lui pardonne pas ses réussites, obtenues aux mépris des règles enseignées dans les écoles militaires. Mais surtout il reproche à son subordonné la faute inexpiable d'avoir désobéi à ses ordres. Bragg fait pression en haut lieu pour empêcher Morgan d'obtenir un nouveau commandement. Mais est-il bien raisonnable de mettre sur la touche un héros de la nation sudiste ?
Non seulement Morgan reçoit le 22 juin 1864, le commandement du District s'étendant de l'Ouest de la Virginie à l'est du Tennessee, mais il n'a aucun mal à lever une nouvelle Brigade au sein de laquelle on retrouve quelques fameux francs-tireurs : Sue Mundy, Henry C. Magruder, Bill Marion, et Samuel "One Armed" Berry, pour lancer un ultime raid au Kentucky. Les cavaliers déferlent avec une rapidité fulgurante sur les arrières nordistes. Au cours de cette opération, Morgan rassemble des milliers de chevaux et fait 1.000 prisonniers dont le Général Hobson, l'homme qui l'avait traqué l'année précédente ! Il n'a pas le temps de savourer l'ironie de la situation car ses succès sont vite éclipsés par une attaque surprise des tuniques bleues le 19 juin à Cynthiana. La bataille fait rage pendant plusieurs heures et les rebelles sont finalement refoulés hors du territoire. Bragg jubile, plus rien ne peut l'empêcher d'assouvir sa vengeance et de se débarrasser de cet officier encombrant. Morgan est relevé de son commandement au profit du brigadier-général John C. Echols le 30 août .
Pire, des soupçons planent également sur Morgan et ses hommes au sujet d'une sombre histoire de vol à la banque Mont Sterling lors du récent raid au Kentucky. Victime des apparences et menacé d'être traduit en Court Martiale, il écrit une lettre au Ministre de la guerre, James A. Seddon dans laquelle il nie toute implication dans cette affaire de vol et prend la défense de ses hommes, les plus dévoués et les meilleurs de ses amis. Après tout il ne pouvait en être autrement, ils affrontaient ensemble le même sort ! L'infortuné Morgan n'a pas le temps de se laver de ce qu'il appelle "d'ignominieuses et injustes accusations" (*). Mis au courant des projets d'invasion du Tennessee par les yankees, il quitte immédiatement Jonesboro pour rejoindre Greenville afin d'accomplir son devoir et stopper la ruée ennemie. En réalité, il marche droit vers son destin !  


La maison de Catherine Williams, dans laquelle il loge avec son état-major, est assaillie par des soldats ennemis le 4 septembre 1864. L'un des fils de Mrs. Williams qui avait rejoint le camp de l'Union, avait appris de la bouche de son épouse la présence du redoutable Morgan au domicile parental. Le jeune nordiste avait aussitôt informé ses supérieurs de la nouvelle. John tombe dans un véritable traquenard. La demeure étant cernée, il tente de fuir à pied et sans armes à travers les vignes qui jouxtent la propriété mais il est rattrapé puis lâchement abattu d'une balle en plein cour par le soldat Andrew Campbell du 13ème Régiment de Cavalerie du Tennessee. Morgan était pire qu'un tremblement de terre et certaines autorités fédérales avaient de bonnes raisons de vouloir mettre fin à la carrière du général. "Ses assassins ont détruit la palissade qui entourait le terrain où ils l'avaient exécutés, ont jetés son corps sur une mule et ensuite paradés en ville exultant une allégresse sauvage" écrivit Basil Duke, qui avait été relâché en août et renvoyé au Tennessee, échangé avec des officiers nordistes à Charleston, selon les formalités prescrites par les traités.
Pour l'anecdote, Campbell se verra élever au grade de Lieutenant quelques jours après avoir donné le coup de grâce à l'homme qui avait déjoué jusque là tous les pièges tendus sur sa longue route.

Le corps du général est rapatrié à Abingdon puis inhumé le 8 septembre dans le cimetière local (**). Le flamboyant cavalier du Kentucky avait 39 ans, il laissait derrière lui une épouse et deux enfants.
Peu de temps après le décès de leur leader, les meilleurs éléments qui avaient quitté les partisans rangers pour diverses raisons se réunissaient sous le commandement de Duke, promu général, pour tailler en pièces tous les yankees se trouvant à l'est du Tennessee ! Le beau-frère de Morgan continuera la lutte jusqu'au dernier jour, au côté de Jefferson Davis.

* Le procès se poursuivit après la guerre. On ne trouva finalement aucune preuve impliquant Morgan dans le vol de la banque de Mt. Sterling.

** Le corps de John Hunt Morgan fut transféré le 17 avril 1868 à Lexington dans le caveau familial.  

 
Bibliographie :
- Edison H. Thomas , "John Hunt Morgan and His Raiders", The University Press of Kentucky, 1985.
- Basil W. Duke , "The Story of Morgan's Cavalry", Miami Printing, 1867.
- Cecil Fletcher Holland , "Morgan and His Raiders", Macmillan, 1943.
- James M. McPherson "La Guerre de Sécession", Robert Laffont, 1991.







Cet article est paru dans le numéro 57 du
« Courrier de la Guerre d'Amérique »
 

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