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les femmes dans les camps

 
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COMMANDANT SUPREME

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PostPosted: Fri 24 Aug - 21:47 (2012)    Post subject: les femmes dans les camps Reply with quote

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DES FEMMES DANS LES CAMPS:



De tous temps, des femmes, de toutes conditions, ont suivis les armées, en campagne ou en garnison, pour des raisons très diverses. La guerre de Sécession ne fait pas exception à cette règle. Au cours de ce conflit, toutes les personnes qui suivaient les armées, autorisées ou non, étaient appelés "Camp followers", cela incluait les commerçants ambulants, les lavandières, les vivandières, les domestiques privés, les boulangers, les barbiers...Tous ces gens avaient plus ou moins un "contrat" avec les troupes. Mais il y avait aussi les autres, prostituées, trafiquants de tous poil, revendeurs de whisky...etc

Parmi les catégories de femmes que l'on pouvait croiser sur un terrain militaire citons d'abord les Infirmières (en fait rarement présentes dans les camps, et encore plus rarement sur les champs de bataille); les membres des associations caritatives qui apparaissaient de temps en temps; les vivandières et cantinières, et les femmes portant plus ou moins clandestinement l'uniforme. Mais intéressons nous d'abord aux visiteuses occasionnelles de toutes conditions, aux blanchisseuses et cuisinières et enfin aux prostituées.

"Il est curieux d'observer comment les trois catégories de Femmes qui évoluent dans notre campement se gardent bien de frayer les une avec les autres". écrit Israël Cibbons, soldat reporter dans l'armée d'A.S.Johnston fin 1861."Les filles et les épouses des colonels, capitaines et autres officiers constituent la première: les rustiques lavandières et cuisinières qui travaillent pour leur mari sous les drapeaux, forment la seconde classe; Quand à la troisième catégorie de femmes, elle est heureusement la plus réduite: On voit, ici et là, une dame d'élégante apparence et aux manières raffinées, touchante dans sa solitude, mais qui manque du seul certificat de respectabilité pour une femme vivant dans un campement militaire: les liens du mariage" Gibbons emploie t'il des termes "fleuris" pour décrire en fait des prostituées de haut vol dans sa troisième catégorie ? On peut le penser.

Dans les premiers mois du conflit, les campements avaient incontestablement des airs de fête et attiraient de nombreuses femmes, souvent sans lien aucun avec les soldats qui y étaient cantonnés, vivant dans les villes et les villages des environs: "Nous allions fréquemment rendre visite aux garçons dans le camp, en nous arrangeant pour que nos expéditions incluent drill et parade, et nous prenions le thé ensuite aux diverses tentes...C’était les jours de gala de la guerre..." (Constance Cary, en Virginie, juin 61).
Bien sûr, au fil des événements militaires, le caractère de pique nique champêtre de la guerre disparut, et avec lui, la majorité de la présence féminine dans les camps.
Toutefois, pendant la première année du conflit, puis ensuite pendant les trêves hivernales et en général dans les camps proches des grandes villes, les parentes et amies d'officiers ou les visiteuses de qualité furent assez nombreuses. Ainsi les belles de la capitale yankee avaient elles fait des cantonnements protégeant la ville un lieu de promenade du dernier chic ! Et même au plus fort de la guerre, pendant le siège de Petersburg en Virginie (1864/65), les dames de la cité assiégée firent plusieurs visites dans les tranchées lors des périodes d'accalmies, toutes ombrelles et crinolines au vent, se hissant sur la pointe des pieds pour tenter d'apercevoir les yankees par dessus les parapets, échangeant parfois appels et signes de la main avec ces derniers, tout cela à la grande joie des soldats des deux bords qui appréciaient fort ces "intermèdes en crinoline", encore que quelques confédérés avouèrent plus tard qu'ils avaient toujours regrettés que ceux d'en face n'ai pas tiré au dessus de ces jolies têtes, juste pour voir si elles se seraient enfuies en hurlant ou si elles auraient répondues avec le "rebell yell" !!!

En règle générale, les visites duraient quelques heures, voir quelques jours, mais un certain nombre de femmes s'installèrent fréquemment avec leur époux dans leurs quartiers d'hiver pour plusieurs mois !
George T Stevens, chirurgien au Vlème corps US, se souvient avec plaisir de L'hiver 63/64 à Brandy Station :
"Ce fut le plus bel hiver passé dans un camp. Une des choses les plus agréables était le grand nombre de dames, d'épouses d'officiers, venues passer l'hiver avec leur mari. Chaque beau jour, on pouvait les voir chevaucher dans le camp ou sur la plaine désolée, et leur présence aidait grandement à l'éclat des fréquentes revues". On peut voir de nombreuses photographies de ces visiteuses, présentes même en pays ennemi et conquis, et posant devant la plantation sudiste ou leur généraux ou officiers d'état-major"" de mari ont établi provisoirement leur quartier général. Certaines allaient jusqu'à suivre leur époux partout, citons la princesse Agnès de Salm-Salm, la femme du général Turchin (US) qui chevauchait aux côtés de son mari, à la tête des troupes, ou cette sudiste inconnue de Rome (Georgie) mariée au début de la guerre et qui fit, selon Mary Ward, "toute la guerre avec son mari", capitaine des "chevau-légers de Rome".




Très souvent, ces visites peuvent, si la dame est l'épouse d'un officier supérieur ou socialement très haut placée, donner lieu à des parades spécialement préparées en son honneur, et qui sont diversement ressenties par la troupe d'ailleurs, certains y voient une corvée supplémentaire, mais la majorité ne s'en plaint pas. Les soldats étant toujours très contents de voir des femmes même de loin !
" En Septembre (61), nous avons visité, sur invitation, les différents quartiers généraux. Nous nous sommes arrêtées à Manassas une nuit, cinq dames, dormant sur une couche faite de couvertures roulées, dans une tente gardée par une loyale sentinelle. Je me rappelle de l'effet comique des cinq "cages à oiseaux" (les crinolines) suspendues en ligne au dessus de nos têtes...Notre traitement pendant cette visite fût royal. Une ambulance avec un piquet de cavaliers à notre service, et nous étions guidées par une variété de distingués officiers..." (Constance Cary).

La présence de femmes dans les camps fait parfois tourner la tête aux hommes: "Le général Wright, sa femme, ses filles et d'autres jeunes dames étaient venues voir la bataille" (il s'agit d'une bataille de boules de neige entre plusieurs régiments de Géorgie en 1864) "On s'est bien battus, mais les dames furent la cause de notre défaite. Les gars ont fini par tout arrêter pour les regarder et les autres nous ont balayés, capturant le général et les femmes !" (Grant D Carter).

Une autre fois un soldat rebelle fut mis KO par le cheval de la belle Hettie Cary, nouvellement mariée au général Pegram, alors qu'elle revenait d'une revue. Elle se confondit en excuses auprès du vétéran qui ,recouvrant ses esprits, lui déclara: "ça ne fait rien Miss, vous pouvez encore me passer dessus avec votre cheval, autant que vous voudrez..."



Quelquefois, les visiteuses prennent prétexte du passage d'une troupe de comédiens ambulants pour venir dans le camp assister à la représentation. A d'autres rares occasions, on profite de leur présence en nombre relativement important pour organiser un "bal de campagne" (et oui, il n'y a pas qu'en "reconstitution" que l'on voit cela !) Certaines fois on va même les chercher dans ce but, comme pour cette fête donnée par Stuart pour célébrer l'invasion du Maryland en 1862:
"Des invitations étaient lancées aux familles d'Urbana et des environs...A sept heures du soir tout était prêt, et déjà la vaste avenue s'emplissait de nos jolies invitées qui arrivaient selon leur rang social et leur fortune, à pied, en cabriolet ou dans d'imposantes calèches familiales...Le son des clairons annonça l'approche de la musique du 18ème d'infanterie du Mississippi, jouant avec entrain Dixie...La musique allait bon train, les danseurs accéléraient leurs figures, et le vaste salon bondé de jolies femmes et de fringants officiers offrait un spectacle saisissant de gaieté et d'entrain." (Heros Von Borcke),
mais la guerre est toujours là: "Soudain, une ordonnance entra et fit son rapport au général Stuart : l'ennemi avait surpris nos sentinelles et attaqué le Camp en force … Le bruit d'une fusillade rapide se fit entendre distinctement... La musique sombra dans un « couic »…Les officiers bondirent sur leurs armes...Les jeunes filles couraient ici et là avec un désespoir qui ne laissait pas de leur attirer des regards admiratifs. Il était une heure du matin quand nous retrouvâmes bon nombre de nos jolies invitées qui attendaient avec anxiété le résultat du combat. Comme les musiciens étaient toujours là, le général Stuart leur donna l'ordre de se remettre à jouer...En moins d'une demi heure la danse reprit pour ne s'arrêter qu'aux premières lueurs de l'aube. A ce moment, les ambulances chargées de blessés du combat de la nuit s'approchèrent de l'Académie, seul bâtiment d'Urbana pouvant être transformé en hôpital. La musique se tut aussitôt et nos charmantes partenaires du quadrille se transformèrent sur le champ en anges secourables" (Von Borcke).
On peut également citer de l'autre coté, le bal qui se tint durant l'hiver 1863 dans le camp du troisième corps en présence de plusieurs généraux et qui fit l'objet d'un article dans le "Harper's weekly".



On vit même des mariages célébrés dans les campements, ou en tous cas, dans l'environnement immédiat de l'armée. Le plus fameux est sans conteste celui de Mattie Ready et John Hunt Morgan, qui fut "l'événement social" de l'armée confédérée du Tennessee à la Noël 1863. C'est le général (et évêque) Léonidas Polk qui officia à l'occasion, en présence de Bragg, Hardee, Breckenridge et sans doute Jefferson Davis en voyage à Murfreesboro à ce moment. II y eut des fêtes, des courses hippiques, des dîners fastueux, de nombreuses dames étaient présentes, y compris une foule d'épouses, de fiancées ou d'amies de soldats qui avaient emporté avec elles une profusion de douceurs, mais aussi de vêtements neufs et d'uniformes. Il parait que la discipline de l'armée se ressentit quelque peu de ces réjouissances...

On peut trouver un autre exemple de mariage "on the field", coté US celle fois, dans les colonnes du "Harper's weekly" de mars 1863: "Dans le carré formé par les troupes, un dais fut dressé, une pile de tambours, les officiers groupés de chaque côté. A l'arrivée du général Hooker, la musique joua "Hail to the Chief", et à l'approche du cortège, la marche nuptiale. Il faisait un peu froid avec un léger vent et un peu de neige voletait, tout cela avait tendance à rougir les nez. Mais les dames le supportait avec courage, et semblaient, dans leurs robes légères, comme des anges aux yeux des soldats. Pour accroître le côté dramatique de la scène, Le reste de la brigade s'était formée en bataille à moins d'un mile de là pour repousser toute attaque éventuelle. Peu de personnes se sont mariées dans des circonstances aussi romantiques que Nellie Lammond et le capitaine De Hart. Comme il ne pouvait avoir de permission, elle vint à lui et l'épousa dans le camp. Après la cérémonie, il y eut un dîner , un bal, des feux d'artifice etc..."



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PostPosted: Fri 24 Aug - 22:00 (2012)    Post subject: les femmes dans les camps Reply with quote

On sait très peu de choses de la seconde catégorie de femmes présente dans les camps, les cuisinières et surtout les lavandières (ou blanchisseuses). Au début de la guerre , et plus tard, quand les circonstances le permettaient (cantonnements d'hiver par exemple). Il est certain que beaucoup d’épouses de simples soldats, venues retrouver leur mari pour une période plus ou moins longue, remplirent tout naturellement ces fonctions auprès d’eux et de leur proches camarades .Plus officiellement, l’armée émit des certificats autorisant des lavandières à accompagner la troupe et à rendre ce service dans les camps. Le règlement de 1863 stipulait que ce certificat ne pouvait être délivré qu’ à des femmes de bonne moralité et fixait leur nombre à quatre par compagnie. Lorsqu’elles se trouvaient dans le camp, les lavandières devaient se livrer à leur travail de nettoyage et de raccommodage dans leur propre espace, installé avec plusieurs tentes. Elles n’étaient pas rétribuées par l’armée mais directement par les soldats qui les payaient pour les travaux qui leur étaient demandés, mais elles recevaient la même ration que la troupe. Il semble malgré tout que peu de ces femmes suivirent effectivement les régiments jusque sur le front.

Quelques exceptions bien sûr, ainsi cette lavandière de " l'lrish Brigade" "qui suit son unité jusque sur le champ de bataille d’antietam, faisant tournoyer son bonnet et encourageant les soldats "T Livermore « Days of event )
Parfois ces lavandières pouvaient devenir vivandières comme la fameuse Anna Etheridge. D’abord attachée au 2nd puis au 3rd Michigan en qualité de blanchisseuse, Anna suit son régiment quand il quitte Washington, contrairement aux autres femmes qui rentrent chez elles, elle soigne les blessés et prépare leur repas aux officiers. Pour sa peine, le général Kearny lui accordera un cheval, une selle et la paye d’un sergent.

On en sait encore moins côté confédéré, mais là aussi, nul doute que les femmes suivirent les troupes pour faire la cuisine, laver le linge,et le repriser. On ignore par contre si ces femmes avaient un statut légal comme au nord.
Un journaliste correspondant de la Nouvelle Orléans écrit que les zouaves de Coppens "avaient eu le bon goût d’emmener des femmes avec eux à Pensacola( Floride), pour lessiver, cuisiner et nettoyer leurs quartiers ».
Une de ces femmes laissa son nom dans l’histoire, Rose Rooney, régulièrement engagée chez les « Crescents Blues » de Louisiane pour faire la cuisine et soigner les hommes. Au cours du first Bull Run, elle démolit une clôture sous un feu nourri afin de permettre à une batterie d’artillerie d’entrer dans le combat. Elle servit ensuite avec sa compagnie jusqu’à la fin de la guerre et était encore inscrite sur les rôles lors de la reddition d’Appomatox. Il est également certain que le first Louisiana spécial Battalion ( Wheat’s Tiger) avait avec lui un certain nombre de blanchisseuses en 1861, puisqu’on sait que l’une d’entre elles fut un jour battue et dépouillée par des membres du battalion et que quatre « compagnes » de l’unité, décrites par un observateur comme « des créatures dégoûtantes, toute habillées en homme ! » durent être littéralement traînées de force, dans un chariot, hors de la ligne de front, juste avant la première bataille de Mannassas. On est par ailleurs pas très sûr de la « fonction » exacte de ces dames dans le bataillon, ce qui nous emmène à la troisième catégorie de femmes, totalement indésirables celles là (opinion de Paddy qui n’engage que lui), du point de vue des autorités s’entend, les prostituées.



 

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PostPosted: Fri 24 Aug - 22:14 (2012)    Post subject: les femmes dans les camps Reply with quote

Dès le début des hostilités, et bien après que les dames comme il faut se soient faites rares dans les campements, les demoiselles de petite vertu y furent fort nombreuses, tout du moins jusqu'à ce que des ordres stricts ne les expulsent de ces derniers. En théorie donc, une prostituée trouvée dans une tente ou circulant entre celles ci était immédiatement chassée par les officiers. Toutefois, il semble bien que parmi ces derniers, certains, et non des moindres, n'hésitaient pas à "fermer les yeux" (Voire "mettre la main à la pâte"), du moins tant que ces "activités" restaient discrètes.

Une Annie Jones certifia après le conflit qu’elle suivit l’armée du Potomac pendant deux ans et demi et que ses "services" étaient très demandés, y compris par des généraux Custer et Kilpatrick (qui nièrent bien sûr)...Ce même Kilpatrick fut un jour de mars 1865, surpris en très, galante compagnie par un raid de la cavalerie de Wheeler près de Fort Bragg (Caroline du nord) et dut décamper en caleçon, selon la version confédérée, niée par les autorités fédérales, évidemment...
On ne peut oublier le général Hooker dont le nom reste associé aux "hookers", qui signifient à la fois "prostituées" et "saouleries", même si le terme daterait plutôt d'avant-guerre. D'après de nombreuses personnes, Hooker pensait que la présence de filles dans les camps serait un bien pour le moral des hommes surveillant ainsi leur langage, leurs manières, et réduirait le taux de désertion...La rumeur prétend même qu'il aurait "auditionné" personnellement pas mal de candidates...Avec l'accord du général, à Chancellorsville, les filles étaient conduite en chariots dans les cantonnements, jusqu'à l'heure de la bataille et quand les sentinelles leur demandaient leur laissez passer, elles s'écriaient: " Nous sommes les filles de Hooker

Chez les rebelles, il parait que le général Van Dorn lui même , grand amateur de dames , n'étaient pas insensibles à celles de plus petite vertu ...

Signalons qu'en plus des vraies "professionnelles" (dont les tarifs variaient énormément, de 50 cents à des centaines, voir 1 000 dollars !), la guerre contraignit parfois des femmes du sud, réduites à la misère ou souffrant de la faim, à se livrer à ces pratiques en dernière extrémité: "Dans les parages immédiats de notre cantonnement, presque la moitié des femmes mariées ou célibataires ont perdu leur respectabilité" écrit le capitaine Key en janvier 64 sur la ligne de front Georgie/Tennessee .
Tandis que quelques filles s'installaient dans leur propre tentes ou baraques, parfois juste à la limite des camps pour continuer leurs "affaires" en se glissant parfois nuitamment vers les tentes de leurs clients, un nombre, restreint, sans doute mais bien réel, endossèrent l'uniforme de l'armée ou elles étaient et se "fondirent" dans une compagnie ou un régiment, avec la complicité de tous ceux qui y trouvaient leur compte. Bien sûr, en cas de "flagrant délit", dehors! Ainsi, une unité de zouaves de Louisiane compta longtemps dans ses rangs une de ces "dames", très appréciée parait' il.

Le colonel Anglais Freemantle, raconte qu'il croisa un jour de 1863 dans un train non loin d'Atlanta, une femme en uniforme gris, expulsée de l'armée du Tennessee: "Quelques hommes qui avaient servi dans le même régiment qu'elle m'expliquèrent qu'elle avait été chassée pour sa conduite immorale. Pourtant, elle avait combattu courageusement avec eux à Murfreesboro et Perryville... ". (On voit à cette occasion que la frontière entre prostituée "camouflée" et femme soldat travestie pouvait être finalement assez floue)
En octobre 64, "l’Inquirer'' de Richmond décrivit une semblable histoire dans les rangs de l'armée de Virginie du Nord: "Deux femmes de moralité douteuse arrivèrent cette nuit à Petersbourg, sous la surveillance de la prévôté. ( Il s'agit de Mary el Mollie Bell qui "servaient" sous les pseudonymes de Tom Parker et Bob Morgan). Elles étaient vêtues d'uniformes confédérés et provenaient de notre armée de Virginie de l'ouest. Elles en avaient été renvoyées après y avoir servi pendant deux ans..." Accusées de "démoralisation" de l'armée d'Early, elles furent jugées et emprisonnées...
Coté fédéral, une femme fut arrêtée à Memphis en décembre1862: "Connue sous le nom de Canadian Lou, elle fut arrêtée en état d'ébriété dans la ville la nuit dernière, habillée en homme. Elle était dans un régiment du Missouri lors de la récente marche d’Holly springs".

En fait, ces modes de racolage restaient très minoritaires, et plutôt que de "prostituées allant chez les soldats", il faut parler de "soldats allant chez les prostituées", c'est à dire dans toutes localités situées près des campements militaires, y compris des petites villes bien calmes et sans histoire avant la guerre, et de façon générale, toutes les grandes métropoles.
Pour la majorité des hommes ayant la chance de "décrocher" une permission de 24 heures au moins, Le saloon, puis le "bordel" constituaient des passages obligés. Les "rafraîchissements horizontaux", comme les nomment un soldat du Massachussett, étaient très populaires, ce qui n'étonnera personne !!!
Coté US, en 1862, Washington comptait 450 "maisons" aux noms aussi intéressants que " la meule de foin "(Ilaystack), "l'oie bleue" (Blue goose), "le cuirassé" (the ironclad), "le QG de Hooker" (Hooker's headquarters)...etc..et on y recensait au moins 7 5OO prostituées "à plein temps" !
New York battait tous les records avec, déjà en 1860, 700 maisons et plus de 2 5OO filles sur le trottoir. Les autres centres réputés pour les soldats de l'Union étaient la très puritaine Boston, St Louis, Cincinnati et Chicago pour les troupes de l'ouest, et même Alexandria en Virginie, juste de l'autre coté du Potomac, décrite comme "une parfaite Sodome" !!!

Comme les troupes étaient toujours suivies de hordes de "Camp followers", les villes sudistes occupées se transformaient rapidement en lieu de débauche (quand elles ne l'étaient pas déjà plus ou moins, et avec souvent la coopération des "autochtones"), ainsi Louisville, la Nouvelle Orléans (!!!), Portsmouth, Norfolk, Nashville, Memphis etc..
Qu'on ne pense pas que tout cela était discret, et très "Victorien", dans la plupart des cas, les filles et leurs clients vêtus de bleu (officiers compris !) se pavanaient partout et prenaient tellement de place qu'ils déclenchaient la colère des citoyens respectables, des autorités et des journaux, outrés par tant de débauche étalée au grand jour !

Les confédérés avaient aussi leurs "lieux de perdition", le contraire aurait été étonnant ! Toutes les grandes villes avaient leurs "quartiers chauds", Mobile, la Nouvelle Orléans, Dalton (Géorgie) très réputée pendant les campagnes d'Atlanta et Chatanooga, à tel point que le Général Johnston y prit de très sévères mesures contre les femmes de petite vertu, mais sans grand effet, Petersburg de part sa proximité du théâtre des opérations était également un lieu privilégié. Mais le "pompon", dans ce domaine, revient incontestablement à la capitale Richmond, décrite par "l’examiner" comme " une métropole boursouflée par le vice".
Les "maisons" ne se comptaient plus. L’une d'elles s'installa même en face d'un hôpital tenu par la "young men's christian association", et les soldats convalescents étaient, par les fenêtres, sollicités, par le verbe et le geste, par des "dames" à moitié dévêtues, ce qui entraîna une vigoureuse protestation de la part du directeur! "Aucune ville n’a davantage changé que Richmond "écrivait son maire, J Mayo à l’automne 1864 « allez sur le Capitole Square un après-midi, et vous y verrez ces femmes louches bousculer les dames respectables jusque dans les caniveau". Mayo remarquait également que même lors des soirées publiques ou officielles, on voyait beaucoup trop d'officiers se montrer au bras de prostituées notoires, la presse relayant les faits, cela fit scandale...

On imagine sans peine les conséquences médicales de cette "luxure" (absolument normale et inévitable, que voulez vous, c'est comme ça!!!), encore compliquées par une hygiène plus qu'approximative et une médecine qui ne l'était pas moins ! Les maladies vénériennes rirent des ravages...Quelques chiffres: Pour 468 275 soldats US blancs dans la force de l'age, on recense entre mai 61 et juin 66, 182 779 cas (dont l30 mortels). Pour 63 645 noirs (entre juin 64 et juin 66), 14257, dont 36 mortels. Un statisticien de l’Union médical department calcula qu'en 1861, un soldat US sur douze était atteint, et que pour tout le conflit, le taux fut d'environ 8.2%...

Chez les rebelles, les archives ayant été largement détruites, pas de chiffre réels, mais les quelques statistiques restantes sont éloquentes. Les soldats sudistes n'étaient pas en reste de ce côté là, même si l'argent et les occasions leur firent plus souvent défaut qu'à leurs homologues yankees, réduisant d'autant leurs possibilités d'assouvir leurs appétits...et les risques d'attraper quelque chose !! On notera que l'année 1861 (la plus "romantique" de la guerre), avec ses grandes concentrations aux abords des grandes villes, d'hommes, souvent sortis de leur campagne pour la première fois et indisciplinés, fut particulièrement "riche" en maladies vénériennes de toutes sortes...Il ne restait plus qu’à se faire soigner pour éviter de ramener à la maison des "souvenirs de guerre" particulièrement déplaisants, comme l'écrit le soldat Orville Bumpass du Mississippi à son épouse: "Sain je suis parti de la maison et ainsi j'espère rentrer !" mais ceci est une autre histoire...

P. Ailliot



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PostPosted: Sat 25 Aug - 15:16 (2012)    Post subject: les femmes dans les camps Reply with quote

lire aussi : http://ccffpa.perso.sfr.fr/html/infirmieres.html

sur les infirmières, les bénévoles, la sanitary commission ...
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